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San Sebastian / Donostia 2016
Vendredi 08 Avril 2016

La « Culture para la convivencia » (culture pour la coexistence) : quelle actualité pour un projet développé sur les 5 dernières années ! C'est le thème que Donostia/San Sebastian a choisi de mettre à l'honneur en 2016, alors que la belle ville côtière assume depuis le 20 janvier 2016 son nouveau statut de Capitale Européenne de la Culture (CEC).

Pourquoi la thématique de la coexistence ? C'est que la ville de Donostia/San Sebastian, 186 000 âmes nichées au cœur du Pays Basque, a connu les infortunes de ces territoires qu'on se déchire. Les nationalismes ont prouvé qu'ils pouvaient être sanglants à travers l'histoire politique de la ville et plus largement, celle de notre Vieux-Continent ; mais la culture et les arts adoucissent les mœurs, et participent souvent à enrichir la qualité des débats politiques. Depuis 2011, année de la désignation de la ville comme CEC et année où l'ETA déposa les armes, « La Culture pour la Coexistence » à Donostia/San Sebastian et son programme résonnent comme un vœux qui dépasse de loin les frontières de la ville et la temporalité de 2016.
    
Trois partis-pris animent le programme des festivités : ce sont les individus citoyens qui participent à la construction de leur société (Phare de la vie), ils doivent le faire selon des valeurs de respect mutuel (Phare de la paix), et travailler à comprendre mutuellement leur diversité (Phare des voix). C'est pour ces trois raisons que la programmation de DSS2016 s'est faite dans un esprit résolument participatif : chacun doit avoir un rôle dans la construction de la culture et de la coexistence tout au long des 100 projets et 500 événements culturels qui jalonneront cette année 2016. Pour y participer, plus de 500 artistes venus de l'ensemble de l'Europe mais également les habitants de Donostia/San Sebastian et de la région, ainsi que les visiteurs internationaux. En effet, les programmateurs souhaitent à travers DSS2016 déconstruire le rapport traditionnel entre l'art et le spectateur, et intégrer davantage ce dernier dans les processus créatifs. De plus, le programme « Vagues d'énergie » a permis aux projets volontaires de candidater pour des aides financières à hauteur de 2,016 et 20,160 euros. Les projets sélectionnés l'année dernières seront présentés régulièrement tout au long de l'année.

Non satisfaite d'attirer déjà des curieux des quatre coins de l'Europe, DSS2016 s'exporte à son tour à travers ses ambassades itinérantes qui couvriront par la terre ou la mer pas moins de 10 millions de km² d'ici à la fin de l'année. En car, en vélo et même en bateau : celles-ci veulent faire le lien et favoriser la compréhension entre les différentes communautés qui forment la grande mosaïque culturelle européenne, ainsi que représenter le projet de CEC sur l'ensemble du territoire couvert. Chacune des ambassades doit représenter un des Phares du projet (vie, paix, voix) : lisez bien le programme pour savoir si l'une d'entre elles passera par chez vous !  
C'est ainsi que d'après les responsables des événements, Donostia/San Sebastian Capitale Européenne de la Culture doit en effet offrir à la ville, à ses citoyens mais aussi à l'Europe entière un héritage universel et durable. Cet héritage est résolument tourné vers le futur de la culture et l'innovation créative.  Le projet met d'ailleurs l’accent sur les domaines qui encouragent l’apprentissage et l’usage de la technologie —Hirikia—, favorisent la médiation dans les processus créatifs —Hazitegiak—, impulsent la diversité linguistique —284+—, facilitent l’autonomisation et la participation citoyenne —Bestelab—, et stimulent la pensée critique à travers l’art contemporain —Pagadi.

DSS2016 est également l'opportunité de mettre en lumière la dynamique des villes du Pays Basque, dont l'exemple le plus connu – Bilbao – montre à quel point la culture peut être facteur de développement pour les territoires. Les deux villes sont différentes, mais complémentaires dans leur façon d'impliquer la culture dans leur développement. De son côté, l'équipe de DSS2016  a voulu s'associer aux équipes municipales pour que l'événement participe au renouveau du territoire qui est soumis, depuis 2010, à un programme de transition énergétique. A l'horizon 2020, DSS2016 devrait laisser sa marque puisqu'un partenariat avec le Tabakalera (le centre d'art contemporain de la ville) a déjà été prévu. Ainsi, il sera intéressant d'évaluer l'impact qu'une telle année aura sur le futur plus ou moins proche de la ville, mais aussi de la région. Le Pays-Basque, nouveau hub de la culture au service des territoires ?