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3 questions à...Catarina VAZ PINTO
Jeudi 04 Mai 2017

Madame Catarina VAZ PINTO, maire-adjointe en charge de la culture de la Ville de Lisbonne - membre de notre réseau depuis ses débuts et partenaire de la Rencontre de Lisboa - a accepté de nous présenter la politique culturelle de sa ville mais aussi de parler de coopération et de réseautage international !

Pouvez-vous nous présenter les principales politiques culturelles de la Ville de Lisbonne et ses missions en terme de développement culturel en tant que ville ayant une importante influence européenne ?

L'approche de la culture à Lisbonne est comprise de manière large, cela signifie qu'il ne s'agit pas seulement d'avoir des lieux et des programmes culturels, mais principalement d'améliorer la capacité du secteur culturel afin qu'il soit capable de travailler, se développer et recréer. A Lisbonne, nous comprenons la culture comme une part importante de la ville, de sa croissance et sa durabilité. Les lieux culturels municipaux et structures ont un rôle très important dans les plans d'action de la ville pour la culture. C'est à travers les actions de ces entités que le programme culturel est divers et accessible; c'est à travers ces entités qu'une relation avec les acteurs culturels privés et indépendants est mise en place, en fonction des objectifs des entités culturelles.
Ces dernières années, après une profonde et longue réflexion, nous avons réarrangé et restructuré les départements et services culturels de la ville. Notre objectif était d'organiser les services par thème (ou champ d'action) dans le but de maximiser leurs connaissances et se focaliser sur leurs buts. De plus, notre travail est mis en place via deux départements principaux : un intégré à la mairie (DMC – Direcção Municipal de Cultura) et un en dehors, une entreprise municipale appelée EGEAC. Depuis 2012, la travail a été de :
1. clarifier les compétences de l'un et de l'autre ;
2. allouer des sites et des projets à DMC et EGEAC.
DMC concentre les soutiens financiers et non-financiers aux artistes et projets indépendants tout comme au patrimoine, bibliothèques et archives et activités scientifiques et basées sur le savoir; EGEAC concentre toutes les programmations de l'espace publique et lieux culturels (Musées, théâtres, cinémas, maison littéraire, galeries et quelques sites patrimoniaux ouverts, dont le Château de São Jorge).
Percevoir la culture comme un concept plus large et l'approcher comme tel signifie mettre au centre le public et les citoyens de Lisbonne mais aussi ceux qui nous rendent visite. Les lieux municipaux ont des actions distinctives pour l'inclusion sociale (par exemple, les théâtres ont une action appelée "Ticket solidaire” grâce à laquelle chacun peut pré-payer un ticket et le laisser au guichet pour une personne moins avantagé qui viendrait plus tard; ou encore des sessions de relaxation pour les personnes atteintes de handicap ou de déficit d'attention). De plus, pensant au futur, nos services et structures travaillent étroitement avec les plus jeunes, les familles et les écoles ; au regard des conditions sociales actuelles, notre programme d'apprentissage les prépare à travailler avec les plus âgés, les personnes atteintes de handicap et les migrants.
La soutenabilité du secteur est traitée en améliorant ses capacités, lui donnant les outils, étant partenaire et créant un cadre pratique pour que les projets se développent. Le mois prochain, nous ouvrirons un espace qui traite très étroitement avec cela. Il s'appelle "Loja Lisboa Cultura", ce sera un centre ouvert pour soutenir les artistes et agents culturels en termes financiers et administratifs, pour les renseigner quant à leurs droits sociaux, un soutien juridique et d'autres questions très spécifiques au secteur et souvent difficiles à gérer sans un soutien approprié.

Vous êtes un de nos partenaires pour La Rencontre de Lisboa qui traitera principalement de la coopération pour le développement des politiques culturelles dans les territoires locaux en Europe. Quel est votre point de vue à propos de la coopération et pourquoi avoir choisi d'être partenaire actif ?

Dans le contexte de mondialisation et de numérisation dans lequel nous vivons aujourd'hui, les politiques municipales oeuvrent toutes localement ainsi qu'à une plus large échelle, elles jouent un rôle très important dans le bien-être et dans la construction d'une conscience, d'une société solidaire et durable.
Aujourd'hui, nous devons faire face et nous attaquer aux nouvelles problématiques qui sont similaires à beaucoup de villes européennes : gentrification, vieillissement de la population, le besoin d'action de proximité, les questions environnementales.
Lisbonne est attachée à son rôle de “capitale ouverte : une ville centrale et cosmopolite, avec un appel international” et donc être un partenaire actif de "La Rencontre de Lisboa" et de la [R]evolution 2017 du réseau LIKE sera certainement très positif pour Lisbonne.

Vous êtes membre du réseau depuis les débuts de l'association. En quel sens le réseautage est important pour vous en tant que capitale européenne ?

En tant que capitale européenne, il est important de d'articuler nos compétences, ressources et réseaux aux niveaux locaux, nationaux et internationaux. Lisbonne est présente dans beaucoup de réseaux internationaux dans tous les domaines de l'intervention municipale. Dans le domaine de la culture, nous avons été impliqués dans les débats les plus récents sur les politiques de plannification culturelle, mais nous cherchons à rendre aujourd'hui notre présence plus intense et active, ce qui n'était pas possible ces dernières années. L'échange des expériences, les exemples de bonne pratique et points de vue est très important pour innover en terme de politique culturelle. Il n'est pas possible d'avancer sans une large base de consensus sur des problématiques communes et sans la création d'instruments pratiques qui nous unissent. C'est pourquoi Lisbonne s'engage dans l' Agenda 21 pour la Culture, par exemple.
Dans de tels réseaux internationaux, nous sommes capables d'explorer la pertinance de notre relation culturelle avec l'Europe mais aussi avec l'Afrique et les pays lusophones, la carte géopolitique méditerranéenne et ibéro-américaine; nous voulons contribuer à la convergence de ces diverses couches culturelles et souhaitons des davantage de soutenabilité pour une vision plus large du développement.